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Ce n’est pas tout. Le chef de l’Etat camerounais, par ailleurs, aurait aidé financièrement l’Osti (Ordre souverain du temple initiatique), une organisation occulte qui serait liée à la secte de l’Ordre du temple solaire. En 1998, Raymond Bernard, le fondateur de l’Osti, décédé en 2006, avait affirmé que Paul Biya était président d’honneur d’une branche de la secte. Le président camerounais aurait donc offert à ce titre 5,6 millions de francs français le 2 mars 1990, et 11,2 millions de francs de 1992 à 1998. Il aurait opéré par le biais de la Société nationale des hydrocarbures (Snh) du Cameroun. Après Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang Nguema, Paul Biya fera-t-il lui aussi l’objet d’une poursuite judiciaire ?
L’édition 2007 du rapport du Ccfd-Terre solidaire, avait permis à Transparency International de lancer, en France, une action en justice contre ces chefs d’Etat. Outre le président camerounais Paul Barthélémy Biya, l’étude classe aux premiers rangs du palmarès des chefs d’Etat détourneurs des richesses de leurs pays, l’ancien président ivoirien Félix Houphouët-Boigny dont la fortune se situerait entre cinq et sept milliards d’euros. L’Angolais Eduardo Dos Santos est, quant à lui, soupçonné d’avoir détourné quelque trois milliards d’euros des caisses de l’Etat, notamment par le biais de commissions sur les ventes de pétrole. Teodoro Obiang Nguema, déjà visé par les plaintes de Transparency International en France, monopoliserait, lui et sa famille, 80 % du revenu national de la Guinée Equatoriale. ‘Ce qui choque à la lecture de notre étude, écrivent les auteurs, ce n’est pas tant le volume des avoirs détournés. C’est qu’en dépit des promesses répétées de guerre à la corruption, seuls 1 % à 4 % des avoirs détournés ont été restitués aux populations volées.’ Le rapport cite en exemple la France. Quand il s’agit de prôner la lutte contre la délinquance, celle-ci est en tête, mais ‘elle est bonne dernière à l’heure de saisir ou de restituer les avoirs et biens mal acquis qu’elle abrite’, indique le document. C’est là, le ‘véritable scandale’, a déclaré ce mercredi, lors d’une conférence de presse, Guy Aurenche, le président du Ccfd-Terre solidaire. Car, a-t-il ajouté, en 2009, la faim gagne du terrain et l’argent détourné pourrait servir à nourrir les populations et à aider au développement des pays pauvres.