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La crise ivoirienne a connu un dénouement tragique car finalement, c'est en marchant sur les cadavres des Ivoiriens que Monsieur Alassane Dramane Ouattara accède à la magistrature suprême de
son pays d'adoption. Inutile donc de vous rappeler que Monsieur Ouattara n'est pas Ivoirien de naissance et c'est bien plus tard qu'il a acquis la nationalité ivoirienne. Dans les années 80
encore, il était gouverneur de la banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest au nom du Burkina Faso. Inutile aussi de revenir sur l'appui déterminant des forces étrangères (ONUCI +
LICORNE) et l'enrôlement massif de mercenaires (Nigérians, Burkinabés, Libériens, Maliens, etc.) dans les rangs du duo Ouattara-Soro. Le camp Gbagbo a cédé mais ne s'avère pas pour autant
vaincu. L'avenir nous dira si la Côte d'ivoire retrouvera de si tôt sa stabilité politique et sa prospérité économique, exemplaires sur le contient africain. Quand au retour à une démocratie
réelle et effective promise par le président ivoirien de la communauté internationale, cela nécessitera sans nul doute beaucoup plus de temps que l'on veuille nous le faire croire. Quand on
s'impose par les armes, il est pratiquement impossible de revenir à une vie civile normale. Sur ce chapitre, les exemples ne manquent pas en Afrique.
Pour revenir à la prise de position bien tardive et malheureuse
de l'ANCD sur cette crise ivoirienne, il y a lieu de relever qu'à l'instar du remarquable droit de réponse apporté par Monsieur Jean-Prosper
BOULADA, l'indignation générale qui a caractérisée nos compatriotes et les sympathisants des mouvements en lutte contre la dictature au Tchad et le néocolonialisme agissant en
Afrique. Nous sommes tombés de haut en constatant que Monsieur Nouri et son staff politique aient une lecture aussi déroutante sur la crise ivoirienne. La réponse du Secrétariat général de
l'ANCD (s'il existe réellement !) est aussi évasive que dénuée de toute logique car l'argumentation est tout aussi boiteuse. Pire, on est scandalisé de comprendre entre les lignes que le fait
d'être nordiste est une condition suffisante pour le Secrétariat de l'ANCD de soutenir le sieur Ouattara. Si tel est vraiment le cas, il serait plus complet de pousser le bouchon jusqu'au bout
et d'y ajouter l'appartenance religieuse car il semblerait que le nouveau président de la Côte d'Ivoire serait aussi de confession musulmane. Même si nous savons qu'il n'est pas un fervent
pratiquant comme Monsieur NOURI et surtout qu'il raffole des brochettes du porc.
Bref, nous ne comprenons pas une telle
politique. Comment cela est-il possible après tout ce que nous avons vécu au Tchad avec le régime Deby et ses parrains français et libyens ? Lutter pour la démocratie, la paix et la bonne
gouvernance implique de facto le rejet systématique de tout compromis au relent françafricain avec l'extérieur qui ne cherche qu'à régénérer et perpétuer les mêmes pratiques humiliantes
et destructrices de nos Etats. Où est donc cette juste et protectrice communauté internationale lorsque les rebelles tchadiens sont combattus, bombardés, marginalisés, ignorés et massacrés par
les bombes des chasseurs français ? Même quand ils décident de déposer les armes et rentrer, on les emprisonne, les humilie et leur font subir des tortures sous le regard de la communauté
internationale bien représentée à Ndjaména.
Il nous semble important de vous rappeler Monsieur le Secrétaire Général de l'ANCD que c'est justement contre ces pratiques barbares, dominatrices et réductrices, au soubassement colonial que
les combattants de l'UFPD à l'ANCD en passant par l'UFDD, le FUC, l'AN, la CMU, l'UFR s'étaient investis et beaucoup ont payé de leur vie. Cette noble cause ne changera pas, n'en
déplaise à votre Secrétariat.
Le Pr. Jean-Prosper BOULADA a largement et clairement démontré les tenants et aboutissants de
cette crise ivoirienne et son dramatique dénouement. Monsieur Laurent Gbagbo n'est pas le fossoyeur de la démocratie en Côte d'ivoire comme vous le soutenez dans votre laconique communiqué de
presse. Car, sans la volonté affichée et la détermination de Monsieur Gbagbo, cette dernière élection présidentielle n'aurait jamais eu lieu en Côte d'Ivoire. Il n'y aurait jamais eu l'accord
de Ouaga avec les rebelles Ouattaristes dirigés par Monsieur SORO Guillaume et donc pas de partage de pouvoir. Des concessions capitales qui ont permis de pacifier le pays et d'évoluer vers la
tenue des élections. C'est évidemment à mettre à l'actif de Monsieur Laurent Gbagbo.
Vous à l'ANCD, vous devriez mieux que quiconque comprendre la portée d'une volonté politique. Idriss Deby Itno vous considère comme des mercenaires et refuse de
reconnaître la légitimité de votre lutte et de discuter avec vous. Cela n'a pourtant pas empêché la communauté internationale de le suivre dans son errance diabolique et cautionner votre
démantèlement et ralliement forcé. Deby a tout simplement vendu son pays pour assurer la pérennité de son pouvoir. Gbagbo aurait pu faire la même chose car la Côte d'Ivoire est très belle femme
qui dispose d'énormes atouts à même de séduire ces néo-colons. Mais il ne l'a pas fait. Conscience et fierté obligent ! Gbagbo a le soutien de son peuple, hier comme aujourd'hui, cela ne prête
à aucun doute. Seuls les franc-maçons et les crapules de la trempe de Deby, Compaoré, Sassou, il faut maintenant ajouter à cette longue liste le nom d'Alassane Dramane Ouattara qui peuvent se
livrer à une telle prostitution.
Vous parlez d'une élection certifiée par l'ONU. Mais savez-vous déjà ce qu'est une certification en matière d'élection ?

La certification définit une procédure selon laquelle une tierce partie accorde son assurance écrite qu'un processus clairement identifié a été méthodiquement évalué afin que les produits
spécifiques soient conformes aux exigences et normes spécifiées.
Certifier une élection c’est donc s’assurer que l’ensemble du processus s’est bien passé, qu’il répond aux normes internationales. Ce processus concerne les préparatifs du vote (Recensement des électeurs, automatisation et
fiabilité du fichier électoral, édition et distribution des cartes électeurs, formation des membres de la commission électorale et des représentants des partis politiques, examen des
candidatures, sensibilisation de la population sur le processus du vote, déploiement du matériel de vote (urnes, bulletins des candidats, encre indélébile, isoloir, formulaires pour les procès
verbaux, etc.), le déroulent du vote (présence
des membres du bureau, ouverture et fermeture des bureaux de vote aux heures indiquées, sécurité des votants, respect de la loi électorale, prise en compte des cas litigieux et autres
anomalies, etc. ) et l'exploitation et publication
des résultats du vote (comptage des voix, établissement des PV, centralisation des résultats, sécurité du transfert des résultats, analyse et validation des résultats, publication,
etc.).
Ces trois étapes du processus électoral présentent donc plusieurs phases, et chacune de ces phases s'exécute suivant des procédures écrites précises. Si une seule phase n'est pas réalisée
conformément à la procédure, la certification échoue. Il est important de souligner que la certification obéit à un processus chronologique et entier. Or, comme vous le savez bien, le
désarmement des rebelles Ouattaristes était une phase capitale et indispensable pour la tenue de cette élection. Elle n'a pas été réalisée du fait du refus catégorique de ces derniers. Vous
comprendrez donc que la certification de l'ONUCI était caduque dès le départ. Nous pouvons vous citer une dizaine d'autres exemples qui retirent la certification de Monsieur Choï, représentant
du SG de l'ONU en Côte d'Ivoire.

Quant à la scène montrant les représentants de Gbagbo empêchant le porte-parole de la CEI de proclamer les résultats des villes du Nord, elle ne constitue en rien un aveu d'échec. Bien au
contraire, ces images attestent d'elles même que les choses ne se déroulaient pas comme il le fallait et cela nous ramène encore à cette fameuse certification. Le porte-parole de la CEI ne peut
proclamer des résultats que lorsque ceux-ci sont consolidés. C'est à dire lorsque tous les représentants des parties aient examiné et validé les résultats, signé les PV. Or, ce n'est pas le cas
pour les résultats du vote dans les villes nordistes où les électeurs ont été violentés et empêchés d'accomplir leur vote. Exactement comme en France où le vote a annulé pour motif de violence
et d'insécurité. Le porte-parole de la CEI s'est présenté en catimini pour donner des résultats litigieux, non consolidés et c'est tout à fait normal qu'il ait été empêché de le faire. Les
médias françafricains ont exploité ces images et beaucoup de naïfs sont tombés dans le piège de la manipulation.
La Côte d'Ivoire de Gbagbo est le seul pays de l'Afrique francophone qui ne patauge pas dans les eaux troubles de la françafrique. Idriss Deby Itno qui faisait partie du pannel des chefs sur la
crise ivoirienne, a travaillé contre Gbagbo. Sur la Côte d'Ivoire, on peut dire sans se tromper que Deby et Nouri sont dans le même camps. A qui Ouattara renverra l'ascenseur demain ? Aux
rebelles qui assiègent le palais ou au Président soutenu par la françafrique ?
L'ONU, le CICR et les différentes organisations internationales de défense des droits de l'homme (HRW, FIDH, AMNESTY, …) ont précisément indexé les hommes de Monsieur Ouattara comme étant
responsables des massacres à caractère ethnique à Duékoué et un peu partout dans le pays. Plusieurs centaines de personnes ont été tuées. Pensez-vous que Monsieur Ouattara sera inquiété ? NON.
Toutes ces victimes de la coalition internationale seront considérées comme des dégâts collatéraux. Seules celles du camp Gbagbo seront exhibées.
Article écrit publié par La Rédaction d'Ambenatna