SOLIDARITE AVEC LES PEUPLES D'AFRIQUE FRANCOPHONE : Tchad, Cameroun, Burkina Faso, Comores, Mali… article publié le 23/06/2009 auteur-e(s) : Groupe Afrique RUPTURE
AVEC LA FRANCAFRIQUE La crise économique générée par la spéculation sur les finances, les sources d’énergie, les produits agricoles… se traduit dans les pays du Sud par la flambée du prix des
denrées alimentaires et des produits de première nécessité : en résultent de nombreuses mobilisations à travers le monde pour enrayer le cycle de la famine. Dans ce contexte dont le système
néo-libéral porte la responsabilité, s’inscrit une crise spécifique en Afrique francophone ; au Tchad, au Cameroun, au Burkina-Faso, aux Comores, au Mali…, le mouvement des peuples à l’encontre «
de la vie chère, des inégalités, de la corruption, de la fraude » se heurte aux régimes françafricains et subit de ce fait de trop nombreuses pertes en vies humaines et en infrastructures : - des
centaines de morts et une capitale, N’djaména, partiellement détruite au Tchad suite à la répression en février 2008 par les armées d’Idriss Déby d’une rébellion armée et à la quasi-liquidation,
à cette occasion, de l’opposition démocratique représentée en particulier par Ngarléjy Yorongar ; - 100 morts au Cameroun et 2000 arrestations après des manifestations en février contre la cherté
de la vie et contre le projet présidentiel de modification frauduleuse de la Constitution, Paul Bya étant au pouvoir depuis des décennies et comptant bien se faire réélire aux prochaines
élections de 2011, - 170 personnes passées en jugement au Burkina Faso le 12 mars 2008 à la suite d’une manifestation en février dernier, « de lourdes peines de prison intervenant alors que les
syndicats ont appelé à participer le samedi 15 mars à des "marches-meetings" à travers le Burkina Faso pour protester notamment "contre la vie chère, la corruption, la fraude". Plusieurs
syndicats et associations de la société civile ont annoncé le 6 mars s’être mis d’accord pour créer une "coalition" contre la cherté de la vie, qui devrait être effective le 12 mars » (communiqué
de l’AFP du 12 mars 2008). Une grève générale a été organisée les 7 et 8 avril. - de nombreuses arrestations aux Comores, département d’outre-mer (DOM) suite à la décision controversée du
gouvernement français d’expatrier Mohamed Bacar, le dictateur déchu d’Anjouan (île voisine) vers la Réunion au lieu de l’extrader pour jugement à Anjouan, comme le demande l’opposition
progressiste ; dans le même temps, une législation d’exception contrevenant au droit français du sol tente de réprimer l’immigration clandestine entre les îles - organisation d’une grève générale
au Mali à partir du 16 avril 2008 « contre la vie chère et les inégalités » ; création également d’une internationale des Sans-papiers en réaction à la législation européenne qui entrave la libre
circulation des ressortissants du Sud - à Haïti, pays le plus pauvre de la planète et dont le Président démocratiquement élu Jean Baptiste Aristide a été « remercié » conjointement par les
services français et américains, des émeutes de la faim ont fait plusieurs morts. Pendant ce temps, le Président Nicolas Sarkozy renouvelle avec le Tchad un contrat d’armement concernant du
matériel lourd anti-émeutes et évince le Ministre de la Coopération, Jean Marie Bockel, qui s’était prononcé publiquement pour un changement de cap. La responsabilité de l’impasse actuelle
incombe également à l’Union Européenne dont le projet d’APE, refusé par les pays africains à l’occasion du sommet euro-africain de Lisbonne (8 et 9 décembre 2007), équivalait à une recolonisation
déguisée du continent ; N.Sarkozy, futur Président de la communauté européenne, négocie actuellement « un pacte sur l’immigration et l’asile » qui légaliserait des juridictions et règlements
d’exception sur ces questions. Dans ce contexte, la déclaration du CA d’ATTAC, réuni le 19 avril 2008, offre des perspectives de solidarité agissante et partagée avec nos partenaires africains :
« Attac trouve dans la situation africaine toutes les raisons de son combat altermondialiste : l’autonomie des peuples pour construire leur propre développement, l’annulation de la dette qui
étrangle les pays les plus pauvres, l’exigence de démocratie face aux pouvoirs dictatoriaux et corrompus ou face aux nouvelles classes possédantes pressées de rejoindre l’élite mondiale. Le CA a
décidé d’œuvrer pour que la participation de représentants de mouvements africains aux évènements et rassemblements altermondialistes soit mieux assurée à l’avenir. Dans le cadre du groupe de
travail commun avec la Confédération paysanne sur la souveraineté alimentaire, la définition de politiques agricoles permettant à tous de se nourrir, sans dumping extérieur, concerne l’Afrique au
premier chef. Le CA veillera à une meilleure visibilité des questions africaines sur les outils de communication, dont internet, et appelle à un renforcement des liens entre les comités locaux et
les mouvements africains. » Sont en lecture ci-après les communiqués du collectif des Tchadiens de l’étranger et de la plate-forme citoyenne France-Afrique, créée à l’initiative de Survie et à
laquelle participe ATTAC. http://survie-france.org/article.php3?id_article=1100 http://www.liberation.fr/rebonds/312345.FR.php