Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 14:06

 

L'origine de l'histoire et conflit politique du Tchad

 

I . Origine des conflits:

 

Pierre Messmer en analysant la crise tchadienne fait un bilan très critique :

... nous avons aidé les gouvernements dominés par les sudistes, d'ethnie Sara, à établir leur autorité sur le Nord du pays peuplé de nomades,(...) malgré nos coopérants,nos soldats, notre argent, nos armes, nous avons échoué. Nous avons alors tenté un accord avec les nordistes, eux mêmes divisés : on connaît les résultats ! L'anarchie est installée pour longtemps. Elle se nourrit des haines tribales, des luttes politiques parfois artificielles, mais souvent explicables sinon justifiables par la géographie, l'histoire et la religion.

Ce constat résume les deux facteurs principaux de la crise de l'État tchadien, à savoir le grand fossé qui existe entre les nordistes et les sudistes et l'échec d'un modèle étatique qui a du mal à enraciner dans les réalités tchadienne.

A- Le clivage Nord/Sud

Les guerres civiles au Tchad ont deux origines principales, l'opposition Nord-sud et les revendications ethniques. Ces deux facteurs, malgré leur part non négligeable dans la crise tchadienne, ne sont, en quelque sorte, que les arbres qui cachent la forêt. Puisque certains auteurs qualifient les conflits du Tchad de "guerres des chefs" qui attisent les tensions non seulement entre le Nord et le Sud mais aussi entres les différentes composantes ethniques de la société tchadienne.

Philippe Hugo souligne dans la préface de l'ouvrage de Gali Ngothé (Tchad guerre civile et désagrégation de l'État, P.8. Que l'administration coloniale s'est appuyée, au Nord, sur les intermédiaires issus des groupes dominants des sociétés pré-coloniales, d'où une forme"d'indirect rural" rappelant celle de son voisin nigérian. Cet auteur estime que les règles formelles d'une administration moderne se sont appliquées sans que se soient réellement détruites les pratiques sociales anciennes". Ce qui veut dire que ces usages anciens n’a pas été mis en valeur et adapté aux structures étatiques modernes.

Il souligne aussi que la crainte administrative a ainsi unifié les populations dans un même cadre juridique, et les a pacifiées par la force. Les rivalités à base ethnique étaient atténuées mais non supprimées, cependant que, sur le plan culturel et économique, les différenciations s'accroissent entre le Sud utile et le Nord. La "mise en valeur" a toutefois été tardive et "est restée limitée". Ces deux communautés antagonistes ont été intégrées, bon gré mal gré, dans une forme d'État unitaire et centralisé. Mais la cohésion ne fut pas facile, car le clivage entre le Nord et le Sud fut très profond.

Le Tchad constitue un ensemble composite rassemblant des sociétés nomades (Toubou), les grands sultanats historiques de la bande sahélienne où vive, t les habitants du Nord et les religions tropicales du Sud dans lesquelles résident les communautés paysannes. Cependant, cette coupure Nord-sud, à la fois culturelle et géopolitique, a été surestimée; les frontières du Tchad sont assurément arbitraires et l'espace tchadien délimité n'est pas entièrement artificiel: il recouvre de axes traditionnels d'échanges Nord-sud qui mettaient en communication ces différentes sociétés entre elles. Mais de part et d'autre, de nombreuses divisions (ethnique, linguistiques, économiques, et politiques) ont été créées au cours de l'histoire.

Plusieurs facteurs d'ordre politique, économique et culturel expliquent le choix de la colonisation pour le Sud du Tchad. D'abord, la résistance à la pénétration de la coloniale était plus forte au Nord du Tchad qu'au Sud, puisque le Nord musulman et fortement structuré en sultanats constituait un rempart à la conquête coloniale et voyait dans la colonisation une menace pour sa culture, organisation administrative et sa langue arabe qui est d'origine de la population du Nord voir son existence. Alors que le Sud peuplé par des habitants de conviction animiste et aucune structure culturel où administrative, christianisé pendant la pénétration coloniale assimilait plus facilement et sans résistance la présence coloniale. Économiquement parlant, le Nord désertique ne présentait pas pour la colonisation une terre fertile pour l'exploitation. Or le Sud constituait un intérêt économique évident puisqu'il est dominé par l'agriculture vivrière et par la culture du coton.

Animée par ces considérations politiques, économiques et culturelles, la colonisation française a modifié les équilibres existant dans cet espace. Avant 1900, les sultanats sahéliens étaient en position de force et razziaient périodiquement le Sud pour effectuer la capture d'esclaves, dont une partie était ensuite revendue aux marchands étrangers, en échange de chevaux, d'armes. Ces monarchies nordiques avaient la prééminence des aristocraties guerrières du Sahel. Avec la conquête française, les sultanats assujettis et privés de leurs ressources habituelles, sont entrés en crise. Par contre, les sociétés du Sud ont trouvé dans la nouvelle situation des conditions à certains égards, plus favorables. Ainsi privilégiant le Sud, la colonisation a très tôt parlé du Tchad utile, celui où des investissements rentables comme la culture du coton, pouvaient être réalisés.

De l'autre coté, les populations musulmanes s'enfermaient dans un refus culturel durable, ou émigraient massivement vers le Soudan, Libye, et Égypte, les populations du Sud se montraient beaucoup plus réceptives à l'appel de l'école coloniale et du recrutement militaire trouvant sans doute là une compensation à leur infériorité passée. Les élites sudistes, notamment les Sara, ont pu ainsi s'assurer au cours d"' la période coloniale, une avancée considérable. Au moment de l'indépendance du Tchad, les sudistes étaient en mesure de contrôler l'ensemble de l'appareil de l'État, en fin ce que les colonisateurs pensaient. Ils allaient en faire un usage immodéré et créer eux-mêmes les conditions de l'explosion.

L'indépendance a amené au pouvoir François Tombal baye, un sudiste, dirigeant du parti progressiste tchadien (PPT-RDA). C'était un régime démocratique converti peu après l'indépendance en une véritable dictature du parti unique et qui à travers une politique oppressive et inégalitaire a posé les germes de l'éclatement de la société tchadienne déjà fragilisée par le passé colonial. Peu après l'indépendance, plusieurs soulèvements populaires ont éclaté dans le Nord et le centre du pays.

L'année 1966 marque la naissance du FROLINAT (front de libération nationale du Tchad), qui exprimait les frustrations des populations du Nord. Déchirés par des rivalités des clans, des personnes, les différents éléments de la rébellion entraient dans une guerre civile après leur victoire en 1979.

En effet, au lieu de rompre avec l'héritage colonial de différenciation et jeter de nouvelles bases d'une société tchadienne égalitaire et cohérente, le régime de François Tombal baye a contribué par son népotisme et sa répression à renforcer davantage le fossé entre le Nord et le Sud.

Le clivage Nord-sud a été exacerbé par les dirigeants de l'État tchadien après l'indépendance, en raison d'une lamentable gestion de l'État et d'un mauvais partage du pouvoir entre les deux pôles de la société tchadienne. Ceci a constitué une source de conflits et de tensions entre le Nord et le Sud.

Certes, à l'indépendance du Tchad, le régime de Tombal baye a hérité d'une situation pré-coloniale et coloniale de profondes divisions et de rivalités claniques et ethniques. Mais au lieu d'influencer le cours des choses et de bâtir un état d'union et de rassemblement, il entretient et favorise la division opposant les tchadiens les uns aux autres pour devenir seul arbitre. Ainsi François Tombal baye a gardé le statu quo colonial et n'a engagé aucune réforme de l'état pour l'adapter aux exigences d'un État moderne et éviter les inconvénients de l'état unitaire hérité de la colonisation.

B- Un modèle d'État inapproprié

1- baye importé

 

L'héritage de l'État colonial au Tchad a influencé lourdement la conception de l'État. L'administration à l'européenne en vigueur jusqu'aujourd'hui au Tchad et dans les autres pays africains est conçue pour gérer les sociétés développées qui ont résolu le problème de l'analphabétisme et de la langue nationale de communication, elle ne peut valablement accomplir sa mission sans être enracinée, certains auteurs posent la question de l'existence même d'un tel État. L'existence juridique de l'État tchadien n'a jamais été mise en cause, mais c'est son existence sociologique qui pose problème.

La décolonisation politique est intervenue alors que le processus de constitution de l'État- nation demeurait inachevé. Au lendemain de l'indépendance, l'appareil de baye connaît une expansion, il favorise un début d'industrialisation par substitution, les opérations de développement rural autour des cultures vivrières et du coton, et la mise en place d'infrastructures économique de l'État, alors que les luttes s'intensifièrent autour de son contrôle.

Le divorce apparut alors croissant entre la "caste mandarinale" qui contrôle l'État colonialiste et les populations rurales. La guerre civile est ainsi un affrontement des chefs dont les populations sont les réelles victimes".

Face à une série de mécontentements populaires affrontés par le régime installé en 1960, l'État tchadien fait appel au secours étranger. Ainsi l'intervention militaire française au Tchad décidée en 1968 par le général de Gaulle, était assortie d'une recommandation française portant sur la réforme de l'administration tchadienne, inefficace et peu crédible aux yeux des populations.

En effet, la rébellion a été générée par les dérapages des administrateurs manquant d'expérience. Le chef de l'État de l'époque a fait le même constat d’échec :" Nous avons voulu relever rapidement l'administration coloniale par des cadres sans expérience. Il fait appel ainsi à une réforme de l'État :

La Rédaction vous informe que nous publierons en plusieurs fois l'analyse des plusieurs historiens et politiciens sur l'histoire politique, culturel, économique et réligieux de notre pays.

La rédaction demande à tous les tchadiennes et tchadiens d'apporter vos analyses et vos contributions, en fait notre objectif et de faire un archive et de réprendre l'analyse général avec nos citoyens pour mettre à jours la vraie Hostoire Tchad.

Cordialement

La rédaction

Partager cet article

Repost 0
dazzimy@hotmail.fr
commenter cet article

commentaires

Tchadfutur

  • : Le blog de tchadfutur.com
  • Le blog de tchadfutur.com
  • : nous traitons des actualités, politique, culturelle, sociale et environnementale. nous sommes accompagnateurs de la révolution démocratique au Tchad
  • Contact

Texte Libre

Recherche